Au quotidien, le travail de l'antenne se déploie sur deux fronts complémentaires et indissociables. Sur le terrain, nos bénévoles parcourent inlassablement les chemins qui longent les jalles de la commune, appareil photo et carnet en main, pour recenser ce qui reste d'un réseau hydraulique qui structurait encore profondément le paysage de la plaine il y a soixante ans. Ils dialoguent avec les riverains, consultent les archives communales, croisent les plans cadastraux du XIXe siècle avec les relevés actuels pour reconstituer les tracés originaux des cours d'eau que l'urbanisation a parfois couverts, déviés ou simplement oubliés. Lorsqu'un ouvrage est en danger — lavoir dont les pierres se disjoignent, berge qui s'effondre, passage menacé — l'antenne mobilise ses chantiers participatifs et, si nécessaire, alerte les services techniques de la ville et de la métropole.
En parallèle, nous assurons une présence active dans la vie culturelle et associative de Mérignac. Nos expositions itinérantes — panneaux grand format, documents originaux, extraits audio de témoignages — circulent dans les médiathèques et les centres sociaux des différents quartiers, touchant des publics qui ne fréquentent pas forcément les associations patrimoniales habituelles. Nos balades mémoire rassemblent des participants de tous âges, des écoliers aux anciens qui reconnaissent dans le paysage des lieux où ils jouaient enfants. Cette double action — investigation savante et médiation populaire — est au cœur de notre identité : nous ne sommes pas qu'un club d'historiens ni qu'une association d'entretien du cadre de vie, mais bien les deux à la fois, parce que la connaissance doit pouvoir se partager et l'action doit être éclairée par la recherche.